William Sutherland Maxwell (1874 - 1952)
L'architecte William Sutherland Maxwell joue un rôle très important dans l'établissement de la communauté bahá'íe du Canada. Compagnon fidèle et soutien de son épouse May Maxwell, la « mère » de la communauté bahá'íe du Canada, il connaît beaucoup de succès dans sa carrière et est considéré comme un des plus importants architectes des premières décennies du vingtième siècle au Canada, durant les dernières années de sa vie, il va servir Shoghi Effendi, chef de la foi bahá'íe et époux de sa fille, Mary, au Centre mondial bahá'í.
William Sutherland Maxwell naît à Montréal en 1874. Sa famille du côté de ses deux parents est d'origine écossaise. Son grand-père émigre d'Édimbourg au Canada avec sa famille au début du dix-neuvième siècle. Sutherland Maxwell et son frère Edward sont tous deux intéressés au domaine du bâtiment. Edward obtient son diplôme d'ingénieur de l'Université McGill, mais, de son côté, à dix-sept ans, Sutherland Maxwell va à Boston et bientôt son talent extraordinaire pour le dessin et le design se manifeste et on lui confie la création finale d'éléments ornementaux pour d'importants édifices.
En 1899, il va vivre à Paris pour fréquenter l'École des Beaux-Arts. Celle-ci l'admet par courtoisie pour le gouvernement canadien, étant donné qu'il ne détient aucun diplôme et qu'il n'a pas l'intention de se soumettre aux examens. Il y rencontre Randolph Bolles qui le présente à sa mère et à sa soeur. Celle-ci est déjà une bahá'íe active et elle vient de rentrer à Paris après un pèlerinage à Haïfa où elle a visité 'Abdu'l-Bahá. Le 8 mai 1902, May Bolles et Sutherland Maxwell se marient à Londres, en Angleterre.
Ils s'établissent à Montréal en 1902 et leur maison devient le premier centre bahá'í de cette ville. Sutherland Maxwell et son frère deviennent partenaires et l'entreprise Edward et W.S. Maxwell acquiert une réputation partout au Canada. Avant la première guerre mondiale ils dirigent la plus grande entreprise architecturale au pays. Ensemble, ils produisent certains des bâtiments les plus connus du paysage canadien comme le Parlement provincial de la Saskatchewan, l'hôtel Pallister de Calgary, la tour centrale du Château Frontenac, et, à Montréal, le Musée des Beaux-Arts, l'église du Messie et l'aile des infirmières de l'Hôpital Royal Victoria, ainsi qu'un grand nombre d'immeubles publics et de maisons privées.
Il possède deux talents qu'il est rare de trouver simultanément dans une même personne, une connaissance encyclopédique et une capacité de donner vie à de nouveaux projets. Au cours des ans, ses talents et ses accomplissements lui méritent bien des honneurs. Il est nommé membre de la Royal Institute of British Architects (l'Institut royal des architectes britanniques); membre et président de l'Institut royal d'architecture du Canada; membre et vice-président de l'Académie royale des arts du Canada; président de l'Association des architectes du Québec; membre fondateur du Pen and Pencil Club et du Arts Club de Montréal.
La maison Maxwell, qui est maintenant un sanctuaire bahá’í.En 1937, sa vie change de manière radicale en raison du mariage de sa fille Mary Maxwell avec le Gardien de la foi bahá'íe. Cet honneur incommensurable accordé à Sutherland et à May crée en eux un désir intense de servir la Foi encore plus qu'avant. Ensemble, ils visitent certaines villes de la région Est des États-Unis et assistent au Congrès bahá'í tenu à Chicago en 1938.
En 1940, à son arrivée à Buenos Aires avec sa nièce, où elle est venue faire un voyage d'enseignement, May Maxwell a une crise cardiaque et meurt. On peut dire que les années entre 1940 et son décès en 1952 sont les années de l'épanouissement véritable de cet homme remarquable. Il accepte le décès de son épouse avec humilité, foi et gratitude pour toutes les années de bonheur qu'ils ont vécues ensemble. Tout de suite après le décès de Mme Maxwell, le premier geste du Gardien est d'inviter M. Maxwell, maintenant complètement seul, à venir vivre à Haïfa.
Les années où Sutherland Maxwell vit à Haïfa coïncident avec certaines des années les plus difficiles de Shoghi Effendi et M. Maxwell est ferme comme le roc sur le plan spirituel. Graduellement, le Gardien commence à lui demander son avis sur des questions secondaires : un nouvel escalier, un lampadaire, une entrée. Pour un architecte possédant plus de quarante ans d'expérience, c'est un jeu d'enfant agréable. Dans ces occasions, il produit un sketch en perspective à la plume, il le colore et le montre au Gardien pour qu'il puisse visualiser l'élément terminé. Enchanté de ses talents, le Gardien demande à M. Maxwell de créer un concept pour achever le mausolée du Báb.
En 1942, Sutherland Maxwell lui montre des études pour le mausolée. Ce n'est pas un travail facile. Un bâtiment carré en pierre d'un étage et ressemblant à une forteresse existe déjà sur une pente escarpée, à mi-chemin du sommet de la montagne. Au-dessus et autour de ce bâtiment, bâti au coût de ses larmes par 'Abdu'l-Bahá, sans le détruire ou le cacher, une nouvelle structure doit être érigée, une enveloppe digne agissant comme un écrin pour cette perle.
Les années se poursuivent ainsi, M. Maxwell, continuant à servir le Gardien, l'aidant non seulement dans des questions architecturales, mais aussi avec la correspondance, avec les visiteurs, avec les contacts auprès du gouvernement et diverses autres tâches. En 1949, sa santé se détériore. Sutherland Maxwell désire ardemment revoir Montréal. Des arrangements sont faits pour qu'il passe l'été de 1951 chez-lui, accompagné par son infirmière dévouée. Il rentre ainsi au Canada, mais son mauvais état de santé ne lui permet pas de retourner en Terre sainte après sa visite. L'hiver suivant, Shoghi Effendi lui accorde le très grand honneur d'être nommé Main de la cause de Dieu. Sutherland Maxwell comprend la signification de l'honneur qui lui est fait et en est beaucoup touché. Il dit : « Je n'ai pas fait cela tout seul. Il y beaucoup d'autres personnes qui ont aidé. » Une telle humilité est typique de cet homme. Il meurt au printemps 1952.
Sur les pentes du Mont Carmel, un monument éternel à ses talents et à sa dévotion couvre le tombeau du prophète-martyr de la foi bahá'íe - la superstructure du tombeau du Báb.
* Ce texte est adapté d'un article paru dans la section In Memoriam de Bahá'í World, 1950-1954, vol. 12, p. 657 à 662.