John Robarts (1901 - 1991)
John Aldham Robarts naît le 2 novembre 1901 à Waterloo, en Ontario. Son père est Aldham Wilson Robarts et sa mère Rachel Mary Montgomery Campbell Robarts.
Un fil extraordinaire de dévouement au service de Dieu semble avoir été tissé dans le tissu même de la vie de John Robarts. Quand on remonte à son arrière-grand-mère, on trouve une femme qui met un enfant au monde au milieu d’un ouragan à la Barbade, dans le seul endroit sécuritaire qu’elle peut trouver, un vieux four à pain a moitié enfoui dans le sol. Au plus fort de la tempête, elle fait un vœu, elle promet que, si son bébé et elle sont épargnés, elle dédiera la vie de l’enfant au service de Dieu.
Comme pour remplir cette promesse, cet enfant grandit et devient le révérend Thomas Tempest Robarts, chanoine de l’église anglicane de Thorold, en Ontario. Il a trois fils et deux filles. Son troisième fils, Aldham Wilson Robarts, le père de John Robarts, reste anglican. Les deux filles deviennent bahá’íes en 1906, quand John Robarts a cinq ans.
Le père de John Robarts est directeur de la Banque Canadienne Impériale de Commerce à Port Arthur (aujourd’hui Thunder Bay), et c’est ici que John Robarts et ses deux sœurs plus âgées achèvent leur école primaire. Il fréquente le collège Ridley de St. Catherines, en Ontario, mais a dix-sept ans il quitte ses études pour accepter un poste de secrétaire d’un chef de service du Canadien National. Faisant preuve d’une grande concentration et de beaucoup de dévouement, qui plus tard caractérisent tout son travail, il acquiert vite les compétences de secrétaire qui lui sont très utiles dans les années qui suivent. En partenariat avec James D. Graham, M. Robarts lance ensuite sa propre entreprise à Toronto, la Overhead Door Company of Canada.
John épouse Audrey Fitzgerald en 1928, et ils ont quatre enfants. La dépression l’oblige à vendre son entreprise en 1934, mais il réussit à trouver de l’emploi pour chacun de ses quelque vingt employés avant d’accepter une invitation à se joindre à une entreprise d’assurance-vie. C’est dans les années 1930 que John et Audrey sont attirés à la foi bahá’íe et c’est surtout la tante Grâce et l’oncle Harlan de John qui la leur enseignent. Ils deviennent bahá’ís à Toronto en 1937.
À partir de ce moment, John Robarts consacre sa vie au service de la foi bahá’íe, ce qu’il fait avec le dévouement le plus profond. Un exemple des résultats de son dévouement est le rôle essentiel qu’il joue dans le développement des premières communautés bahá’íes de Hamilton et d’Ottawa, en Ontario. Il se rend à Hamilton toutes les fins de semaines pendant un an et il passe un grand nombre de fins de semaines entières à Ottawa et enseigne de façon intensive dans ces deux villes. Les premières assemblées spirituelles locales de ces deux localités sont formées en 1940 et 1948 respectivement. M. Robarts sert au sein de comités régionaux et nationaux et saisit toutes les occasions d’enseigner la Foi. Souvent pendant les soirs d’été, les jeunes du voisinage convergent autour de la maison des Robarts à Forest Hill, une banlieue de Toronto, et M. Robarts au milieu d’eux, joue à la balle, saute à la corde et leur montre à faire divers trucs à bicyclette.
John visite bon nombre de pays, mais il se peut que le voyage le plus significatif soit celui qu’Audrey et lui font au Bechuanaland, en Afrique, un voyage inspiré par le Gardien, en octobre 1953. Deux mois à peine après avoir entendu parler du Bechuanaland de la bouche du Gardien, et après avoir appris dans une encyclopédie que le Bechuanaland est un pays enclavé aussi grand que la France, sans routes goudronnées et occupé en grande partie par le désert Kalahari, ils prennent un bateau pour ce pays. Ils partent avec leur deux fils aînés, abandonnant la carrière florissante de John et leur maison confortable de Toronto. Ils sont les premiers bahá’ís à vivre au Bechuanaland. John, Audrey et leur plus jeune fils se méritent le titre de « chevalier de Bahá’u’lláh ».
Le 2 octobre 1957, Shoghi Effendi nomme John Robarts Main de la cause de Dieu, la plus haute fonction à laquelle une personne peut être nommée par le Gardien. M. Robarts continue à voyager pour enseigner la foi bahá’íe et il visite ainsi les endroits suivants, parmi d’autres : la Rhodésie du Sud, le Maroc, le Libéria, le Cameroun, le Japon, la Corée, Taïwan, Hong Kong, les Philippines, Hawaï, la Jamaïque, l’Islande, l’Australie, la Nouvelle Zélande, Tahiti, Fiji, les Tonga, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Îles Salomon, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides et le Samoa-Occidental.
En 1984, à 82 ans, M. Robarts accepte, de bonne grâce, une dernière responsabilité administrative, celle de servir comme membre de l’Assemblée spirituelle locale des bahá’ís de Rawdon, au Québec. En 1986, il entreprend son dernier voyage à l’étranger et visite onze villes d’Irlande. La vigueur dont il a fait preuve dans son service ininterrompu de la foi bahá’íe sur une période d’un demi-siècle, témoigne du pouvoir de l’aide divine promise à ceux qui se lèvent. Peu de gens savent que pendant une bonne partie de sa vie il souffre d’asthme et de bronchite chronique, et plus tard d’emphysème. De plus en plus souvent Audrey se met à l’accompagner dans ses voyages, prolongeant ainsi de plusieurs années ses précieuses et épuisantes activités d’enseignement. Il meurt paisiblement à Rawdon, au Québec, le 18 juin 1991.
* Ce texte est adapté d’un article paru dans la section In Memoriam de Bahá’í World 1986-1992, vol. 20, p. 801 à 809.