May Maxwell (1870 - 1940)

May MaxwellOn considère que May Maxwell est la mère de la communauté bahá'íe du Canada. Avec son mari, William Sutherland Maxwell, elle a établi la première communauté bahá'íe au Canada, à Montréal, à son arrivée dans cette ville en 1902.

May Ellis Bolles est née à Englewood, au New Jersey, le 14 janvier 1870. Elle était la fille de John B. Bolles et de Mary Martin Bolles, dont les familles étaient établies aux États-Unis depuis de nombreuses générations. Elle a vécu ses premières années à Englewood dans la maison de son grand-père maternel, qui s'était distingué dans le milieu bancaire de New York. Elle avait un frère, Randolph, qu'elle aimait profondément. L'intérêt que celui-ci a manifesté pour la foi bahá'íe, l'année avant son décès en 1939, a été pour elle la source d'une satisfaction sans limite.

Les premiers signes de sa rencontre avec la foi bahá'íe sont apparus quand, à 11 ans, elle a rêvé d'une lumière si brillante qu'elle en a perdu la vue pendant une journée entière. Dans son rêve, un personnage majestueux est venu vers elle, habillé à l'orientale, l'invitant avec un geste particulier, depuis l'autre côté de la Méditerranée. Elle a pensé que c'était Jésus, mais quand son amie Mme Lua Getsinger a plus tard entendu parler de ce rêve, elle a dit « C'est 'Abdu'l-Bahá. »

Les premières années, c'est à Paris que s'est dessiné son destin. Enfant, elle y a fait deux séjours, le deuxième étant une période passée dans un couvent. Plus tard elle y a passé onze ans, pour permettre à son frère Randolph de poursuivre ses études architecturales à l'École des Beaux-Arts. C'est l'année 1898, de ce séjour qui est devenue mémorable. Au mois de novembre de cette année, Mme Phoebe Hearst, une amie de la famille, est arrivée à l'appartement de la famille Bolles sur la rue du Quai d'Orsay avec un groupe de touristes américains, qui l'accompagnait. Ils étaient en réalité en route pour aller visiter 'Abdu'l-Bahá à Haïfa, et May Bolles, sentant un feu secret brûler dans le cœur de Lua Getsinger a réussi à obtenir une invitation de Mme Hearst pour se joindre à son groupe de pèlerins, le premier groupe d'Américains à visiter 'Abdu'l-Bahá.

Étant donné que 'Abdu'l-Bahá était un prisonnier, elles se sont rendues à Haïfa en petits groupes. May Bolles a rencontré 'Abdu'l-Bahá pour la première fois le 17 février 1899. Voici comment elle décrit ce moment mémorable :

À cette première rencontre, je ne me souviens avoir vécu ni joie ni douleur, ni rien que je pourrais nommer. J'avais soudainement été portée trop haut; mon âme était entrée en contact avec l'esprit divin; et cette force, si pure, si sainte, si puissante m'avait submergée.

May et William Sutherland MaxwellMay et William Sutherland MaxwellWilliam Sutherland Maxwell, un canadien d'origine écossaise, venu d'une famille établie à Montréal depuis longtemps, et jeune étudiant en architecture à l'École des Beaux-Arts, a rencontré May Bolles à Paris, grâce à son frère, peu après son arrivée en octobre 1899. Après un séjour de dix sept mois et ses fiançailles avec May Bolles mais en attendant qu'elle soit prête, il est retourné à Montréal pour commencer sa carrière. Enfin, le moment est arrivé et ils se sont mariés à Londres, en Angleterre, le 8 mai 1902, et selon ses propres paroles sa patience a été récompensée de manière durable.

Ils sont retournés à Montréal où, en raison de ses intérêts civiques vifs et divers, Mme Maxwell s'est distinguée parmi ses concitoyennes. Avant 1912, elle avait appuyé la mise sur pied d'une cour juvénile à Montréal et ses efforts ont eu une influence déterminante pour la survie du poste de distribution de lait sur la rue Colborne. Vers 1914, elle a fait venir de New York une enseignante formée selon la méthode Montessori, qui a établi chez elle la première école de ce type au Canada. Parmi les gens de l'endroit, sa maison à Montréal a acquis, une réputation comme un lieu plein de joie, un centre pour les bahá'ís et un logis pour les voyageurs de passage à Montréal. Beaucoup de gens sont devenus membres de la communauté bahá'íe après avoir entendu parler de la Foi dans la maison des Maxwell.

En 1912, le couple Maxwell a reçu la nouvelle que, après avoir passé cinq mois aux États-Unis, 'Abdu'l-Bahá viendrait à Montréal et qu'il avait accepté leur invitation de séjourner chez eux. Tard le soir du 30 août 1912, le couple Maxwell et Mme Louise Bosch sont venus rencontrer 'Abdu'l-Bahá à la gare, à son arrivée de Boston. De là, il est allé directement chez les Maxwell et y a passé quatre jours. Pendant des semaines, le Montreal Daily Star avait annoncé ce grand événement dans ses pages. En plus de réunions privées ou avec des groupes, 'Abdu'l-Bahá a prononcé sept conférences publiques. May Maxwell a fait un travail ardu en rapport à ce séjour historique de 'Abdu'l-Bahá puisque c'est elle qui a fait la plupart de ses arrangements. Mais dans une tablette adressée au Canada il lui a fait un éloge éternel.

Au cours de toutes ces années, de 1902 à 1940, pendant lesquelles elle a servi la Foi avec résolution sur le continent nord-américain, et malgré un état de santé qui était à la limite de l'invalidité, elle a entretenu envers ses co-religionnaires, que ce soit dans la communauté locale ou nationale, une relation spirituelle toute particulière. Sa relation avec le Canada était aussi privilégiée. Les Tablettes du Plan divin de 'Abdu'l-Bahá lui ont donné une impulsion qui n'a jamais faibli. St. John's, Brockville, Ottawa, Toronto, Calgary, et Vancouver, sont toutes des villes où « comme un jardinier », elle a « obtenu de la croissance, grâce au déversement du nuage de direction [...] empilant les récoltes, l'une sur l'autre. » L'établissement de l'Assemblée spirituelle de Vancouver était une conséquence directe de sa visite dans cette ville en juillet 1926.

Du fait que sa maison était le centre des toutes premières activités de la communauté bahá'íe du Canada, elle s'est mérité le titre de mère spirituelle des bahá'ís canadiens, qui sont aujourd'hui environ 30 000. Elle a continué à travailler de manière désintéressée au service de l'humanité jusqu'à son décès en 1940, peu après son arrivée à Buenos Aires, en Argentine, où elle était occupée à faire ce qu'elle aimait le plus : enseigner les principes de la foi bahá'íe.

* Ce texte est adaptaté d'un article paru dans la section In Memoriam de Bahá'í World, 1938-1940, vol. 8, p. 631 à 642.