Les assemblées spirituelles locales

Pour bien comprendre le système administratif bahá'í, il convient d'en examiner l'élément de base : l'assemblée spirituelle locale. Élue annuellement dans toute communauté où se trouvent au moins neuf bahá'ís adultes, l'assemblée spirituelle locale fonctionne comme conseil d'administration ou organisme de direction de la communauté bahá'íe, dans les limites d'une municipalité donnée. Les processus inhérents au fonctionnement de l'assemblée spirituelle locale peuvent être considérés comme un nouveau modèle de participation démocratique au processus de prise de décision, à la base de la société.

Les assemblées spirituelles locales supervisent une grande variété d'activités qui constituent la base de la vie communautaire bahá'íe ; par exemple, des activités pour l'éducation des enfants, la célébration des jours saints, des assemblées de prière, des séances d'étude, des activités sociales, des mariages et des funérailles. De plus, partout dans le monde, bon nombre d'assemblées spirituelles locales soutiennent de façon permanente de petits projets éducatifs, socioéconomiques ou environnementaux.

Les assemblées spirituelles locales ont également des fonctions exécutives et judiciaires : elles s'occupent de la correspondance et de la gestion des fonds de la communauté, et supervisent l'application des lois bahá'íes dans des questions telles que les divorces ou des différends entre des membres de la communauté.

Comme toutes les institutions bahá'íes élues, les assemblées spirituelles locales fonctionnent seulement en tant que collectif, c'est-à-dire que leurs membres prennent ensemble toutes les décisions, en mettant en pratique les principes bahá'ís de consultation. En dehors des réunions de l'assemblée, ses membres n'ont ni statut, ni autorité, ni pouvoir personnels particuliers.

En règle générale, la juridiction d'une assemblée spirituelle locale correspond aux limites municipales établies par le gouvernement. Autrement dit, tous les bahá'ís qui vivent dans les limites d'un village, d'une ville ou d'un district particulier se trouvent sous la responsabilité de l'assemblée spirituelle de cette municipalité.

Un des aspects les plus remarquables des assemblées spirituelles locales est le processus par lequel ses membres sont élus, un processus qui est répété aux niveaux régional, national et international. Chaque année, au mois d'avril, les bahá'ís adultes de la communauté se réunissent pour une élection par vote secret. Ceux qui ne peuvent participer en personne sont encouragés à transmettre leur bulletin de vote par correspondance. Après une pause consacrée à la prière et à la méditation, chaque adulte choisit les neuf personnes qui, à ses yeux, sont les mieux qualifiées pour administrer les affaires de la communauté.

Les écrits bahá'ís décrivent clairement les qualités que ces personnes devraient posséder. Les électeurs devraient ainsi considérer « les noms de ceux qui, seuls, peuvent le mieux réunir les qualités nécessaires de loyauté incontestable, de dévouement désintéressé, d'esprit bien formé, de compétence reconnue et de mûre expérience... ».

Un des aspects les plus fascinants de ce processus est qu'il se déroule en l'absence de bulletins de vote préparés à l'avance et de toute procédure de mise en candidature : tous les adultes de la communauté peuvent être élus comme membres de l'assemblée spirituelle locale.

Il ne s'agit pas d'être élu à la majorité ; ce sont plutôt les neuf personnes ayant reçu le plus grand nombre de votes qui sont élues. Étant donné que tous les membres adultes de la communauté sont essentiellement éligibles, les électeurs jouissent d'une liberté totale pour voter selon leur conscience. Aucun autre système n'offre une telle liberté de choix dans son processus électoral.

Bien qu'il soit contraire aux usages du monde politique, ce système s'avère, en réalité, remarquablement efficace. Les écrits bahá'ís encouragent les électeurs à voter pour les personnes dont les aptitudes, la maturité, l'expérience et l'humilité sont reconnues, plutôt que de choisir simplement celles qui sont suffisamment hardies ou ambitieuses pour poser leur candidature. Dans le système électoral bahá'í, il s'agit prioritairement de faire apparaître des leaders qui font preuve de désintéressement, d'intelligence, d'intégrité morale et de sagesse.


* Cet article est basé sur une section du document Les bahá'ís (à paraître) publié par la Communauté bahá'íe internationale.