La cohésion sociale au Canada

La communauté bahá'íe du Canada rassemble des Autochtones, des francophones et des anglophones, qui manifestent un degré d'unité et de réconciliation entre ces trois remarquables cultures auquel le Canada aspire depuis longtemps. Malgré les obstacles très réels qui existent entre les divers groupes linguistiques et culturels, les enseignements et la vie communautaire bahá'ís offrent le moyen de surmonter peu à peu ces obstacles, non seulement en fournissant les outils nécessaires à une vie communautaire bilingue, mais surtout en affirmant le principe bahá'í fondamental qui protège les droits des minorités et sauvegarde la vitalité spirituelle et les valeurs sociales positives des diverses composantes culturelles de la communauté.

Environ 18 % des bahá'ís canadiens sont d'origine autochtone, alors qu'un autre 18 % est composé d'immigrants de première ou deuxième génération et de réfugiés. Les membres de la communauté bahá'íe canadienne croient que la religion véritable crée des liens qui vont au-delà de la simple tolérance, des liens authentiques d'amour et d'amitié entre Canadiens d'origines diverses, dépassant ce qui peut être accompli par une réglementation publique, aussi efficace puisse-t-elle être pour venir à bout de la méfiance et de l'ignorance. Il est indispensable de tenir compte de la religion si l'on veut que ces remarquables cultures qui constituent le Canada connaissent, de façon durable, l'unité, ainsi que le respect et la compréhension réciproques.

Les expressions « cohésion sociale » et « capital sociétal », qui font depuis peu partie du vocabulaire de la politique sociale, concernent le degré de confiance et d'unité et les liens de réciprocité qui existent entre les membres d'une société. Plus il y a de cohésion sociale et plus le capital sociétal est élevé, mieux se portent en général une société et ses citoyens ; et il est clair que la religion contribue à augmenter la cohésion sociale et le capital sociétal. Il faut maintenant se concentrer sur le renforcement de ce pilier de la vie sociale au Canada.

Le Canada est bien sûr, de diverses façons, un exemple de ce que des personnes appartenant à des cultures différentes doivent faire pour vivre en harmonie, tout en conservant les qualités distinctes de leur propre culture. Les relations entre les Canadiens de langue française, de langue anglaise et les Autochtones en sont l'exemple le plus marquant. Bien qu'on puisse être fier de ce qui a été accompli, il reste encore beaucoup à faire pour réaliser la réconciliation et l'unification de ces trois principaux groupes qui forment la base de l'identité culturelle canadienne et, de plus, pour prendre en compte les nombreuses cultures qui font aussi partie de la société canadienne. L'ampleur de ce défi ressort clairement de l'écart entre les conditions sociales et économiques des groupes culturels dominants et celles des peuples autochtones du Canada, et de la distance qui persiste entre la réalité culturelle des Canadiens de langue anglaise et de langue française, malgré tous les efforts de tant de citoyens dynamiques et créatifs du Québec et des autres provinces et territoires, qui se sont efforcés de créer l'harmonie et la compréhension entre les cultures.

Les Bahá'ís croient que la religion a un rôle à jouer dans ce projet historique que poursuit le Canada. Lorsqu'elle est comprise et pratiquée correctement, la religion sert d'appui aux valeurs et aux principes qui inspirent amour et acceptation des autres, malgré les différences, enseignent l'unité de la famille humaine, établissent les normes de justice qui protègent la dignité de chaque citoyen, et assurent le bien-être d'une nation et la solidarité de ses membres.