Les classes d'enfants

« ... l'avenir du Canada, tant du point de vue matériel que spirituel, est très grand. » Voilà pour les bahá'ís une conviction incontestable, exprimée au début du XXe siècle par un des personnages centraux de l'histoire bahá'íe, 'Abdú'l-Bahá. Et c'est pour réaliser cette vision de l'avenir que l'on accorde la priorité aux enfants. Leur noblesse et leur dignité inhérentes, leurs talents divers et leurs capacités ont besoin d'être cultivés et exigent notre attention et notre amour. L'éducation des enfants est l'une des principales préoccupations des communautés bahá'íes ; elle est considérée comme un élément essentiel au progrès de la collectivité humaine. Grâce à l'éducation morale et spirituelle et à l'étude des arts et des sciences, c'est la civilisation même qui progressera.

Une classe pour enfants à Edmonton, en Alberta.Une classe pour enfants à Edmonton, en Alberta.La communauté bahá'íe canadienne se joint aux milliers de communautés bahá'íes dans le monde pour ouvrir ses classes à tous les enfants, de tous les milieux et de toutes les croyances. Les communautés bahá'íes locales accordent à l'éducation des enfants une place centrale dans leurs plans et leurs activités. Très inquiets du sort des enfants, qui ne reçoivent pas toujours tous les soins et l'attention dont ils ont besoin, les bahá'ís ont résolu de consacrer autant de leurs ressources -- personnelles et collectives -- que possible à les éduquer. Consciente du potentiel énorme des enfants, et de leurs étonnantes capacités intellectuelles, émotives et morales, la communauté bahá'íe croit qu'il est essentiel d'ajouter, en complément au système éducatif officiel, un programme d'enrichissement éthique et spirituel.

Les classes bahá'íes pour enfants explorent les valeurs morales, les vertus, les concepts associés à un caractère bien développé. On y présente des histoires d'héroïsme spirituel et religieux et on y examine la nature de la relation qui existe entre Dieu et l'humanité. L'éducation bahá'íe est caractérisée par quelques concepts-clés tels que l'élimination des préjugés, l'égalité entre les filles et les garçons, l'amour des arts et des sciences et un sain respect de toutes les religions. Elle évite absolument l'endoctrinement qui mène trop souvent à la bigoterie et à l'étroitesse d'esprit. Ces classes marquent un tournant radical dans l'importance accordée par la population à l'éducation des enfants, afin qu'ils deviennent une source de lumière pour le monde et des citoyens responsables de la grande famille des nations.

Les écrits bahá'ís parlent de trois types d'éducation : matérielle, humaine et spirituelle. L'éducation matérielle s'intéresse au progrès et au développement du corps, c'est-à-dire qu'elle enseigne aux gens comment augmenter leur bien-être physique par une meilleure nutrition et une bonne hygiène, par de meilleures conditions sanitaires, et par une capacité accrue de pourvoir aux besoins de nourriture, d'habitation et de vêtements de la famille. L'éducation humaine, quant à elle, porte sur la civilisation et le progrès dans les domaines d'activité de l'humanité (donc distincts des activités du monde animal), comme la connaissance du commerce, des sciences, des arts, des institutions et de la gouvernance. Enfin, l'éducation morale et spirituelle s'intéresse aux valeurs et cherche à former le caractère. C'est elle, en grande partie, qui détermine à quelles fins la personne utilisera ses connaissances. Aux yeux des bahá'ís, chacune de ces trois formes d'éducation est importante.

Une classe pour enfants à Vancouver, en Colombie-Britannique.Une classe pour enfants à Vancouver, en Colombie-Britannique.Il est très rare de trouver des programmes d'éducation spirituelle et morale en dehors du contexte des écoles paroissiales ou des organismes religieux. Dans la plupart des pays développés, on considère que c'est une forme d'éducation dépassée ou qui ne cadre pas dans un programme d'éducation moderne. Ce type d'éducation bénéficie rarement d'investissements internationaux. Pourtant, c'est la seule forme d'éducation qui affirme la dignité de l'esprit humain dans toute sa diversité et qui s'intéresse à notre relation avec le divin. Les valeurs humaines universelles, que sont la fiabilité, l'honnêteté, la courtoisie, la générosité, le respect et la gentillesse, disparaissent rapidement de notre monde de plus en plus belliqueux et brisé. C'est l'éducation morale et la formation du caractère, qu'elles soient offertes par un programme religieux ou séculaire, ou par des membres sages et dévoués de la famille ou de la collectivité, qui permettent à la société de transmettre, d'une génération à l'autre, ses valeurs les plus précieuses, celles qui donnent un sens à la vie.

L'incapacité de l'humanité de prendre en charge l'éducation spirituelle et le développement des enfants a contribué à l'émergence de certains problèmes sociaux qui semblent difficiles à résoudre. Résolus à « travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation1 », les bahá'ís canadiens ont décidé d'ouvrir systématiquement leurs classes, partout au pays, afin d'offrir les bénéfices d'une éducation spirituelle à tous les enfants. Un bon nombre de ces classes fonctionnent depuis de nombreuses années ; certaines ont reçu le soutien du gouvernement municipal ; elles peuvent avoir lieu dans un espace loué ou dans une maison privée.

Les concepts qui y sont enseignés, souvent au moyen des arts (la musique, les arts dramatiques ou visuels), incluent la reconnaissance de la noblesse de l'âme humaine, l'égalité des femmes et des hommes, l'amour de toutes les races de la famille humaine, l'unité dans la diversité, l'amour de Dieu et de ses Messagers, l'amour de l'enfant à l'égard de ses parents, et le concept de service à l'humanité.

  1. Bahá'u'lláh, Extraits des Écrits de Bahá'u'lláh, p. 198.