Historique

Les bahá'ís considèrent l'évolution comme une particularité essentielle de tout phénomène de vie, y compris celui des révélations divines. Les étapes traversées par leur propre Foi avant de voir le jour et de s'établir dans le monde, témoignent en elles-mêmes de la pertinence de ce principe.

L'émergence de la Foi bahá'íe a aussi été marquée par une seconde particularité commune aux périodes de formation de toutes les précédentes religions mondiales. Les répercussions de la révélation d'une nouvelle étape de la volonté divine ont de tout temps été mal acceptées par les couches influentes de la société contemporaine. Il en a fréquemment résulté d'amères persécutions contre les fidèles de la Foi nouvelle. C'est ainsi qu'au cours de son premier siècle et demi de vie, des persécutions similaires se sont abattues sur la Foi bahá'íe.

La nouvelle Foi apparaît d'abord en Perse, pays à prédominance islamique. Elle se répand ensuite dans les terres musulmanes voisines des Empires ottoman et russe et au nord de l'Inde. Si parmi ses premiers disciples, il y a des juifs, des chrétiens et des zoroastriens, la grande majorité de ses fidèles reste musulmane. Leurs idées religieuses viennent du Coran, et ce qui les attire par dessus tout dans ce nouveau système de croyance, ce sont les aspects qui se rapportent à l'accomplissement des prophéties islamiques et aux interprétations de l'enseignement de l'Islam. C'est ainsi que dans un premier temps, le clergé musulman considère ceux qui suivent cette foi nouvelle comme des hérétiques de l'Islam.1

Les bahá'ís croient en effet que Abraham, Moïse, Zoroastre, Bouddha, Krishna, Le Christ et Mahomet sont tous et de manière égale, d'authentiques messagers d'un seul Dieu. Les enseignements de ces divins messagers sont considérés comme des chemins vers le salut qui permettent de "faire avancer une civilisation en progrès constant". Mais les bahá'ís croient aussi que cette succession d'interventions divines dans l'histoire humaine a été progressive, chaque révélation de Dieu étant plus complète que la précédente, et chacune préparant la voie pour la suivante. Selon cette logique, l'Islam étant la plus récente des religions antérieures, c'est aussi elle qui, historiquement parlant, a été la préparation immédiate de la Foi bahá'íe. Aussi n'est-il pas surprenant de constater dans les écrits bahá'ís un grand nombre de termes et de concepts coraniques.

les bahá'ís croient que Dieu est un et qu'Il est absolument transcendant dans son essence. Il "manifeste" sa volonté à l'humanité par le biais d'une série de messagers que les bahá'ís appellent des "Manifestations divines". Ces dernières ont pour mission de donner une orientation parfaite non seulement à l'individu pour qu'il progresse spirituellement, mais aussi à la société, pour la façonner en un tout. Mais une des différences majeures entre les deux religions à cet égard tient au fait que si, parmi les religions existantes, le Coran désigne uniquement le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam comme divinement inspirés, les bahá'ís croient que toutes les religions font partie intégrante d'un même plan divin:

"Il n'est point douteux en effet, que tous les peuples de la terre, à quelque ethnie ou religion qu'ils appartiennent, tirent leur inspiration spirituelle d'une même source céleste, et sont les sujets d'un seul Dieu. La diversité des règles et ordonnances religieuses qui les régissent tient à la diversité même des besoins et exigences propres aux âges où elles leur furent révélées. A l'exception du petit nombre de celles qui ont été inspirées par la perversité humaine, toutes viennent de Dieu, et sont un reflet de sa volonté et de son dessein".2













  1. Sous la dynastie des Pahlavis (1925-1979), l'ancien nom "Iran" remplace la désignation "Perse". Ici, le terme "Perse" est utilisé pour décrire des événements qui ont eu lieu au XIXe siècle et au début du XXe, et "Iran" pour des événements plus récents.
  2. Bahá'u'lláh, Extraits des écrits de Bahá'u'lláh, Maison d'Éditions Bahá'íes, Bruxelles, 2e édition, 1979, p. 127-143.